Il y a de ça quelques années, je tutoyais ma Megadrive et ordonnais à ma mère qu'elle m'appelle Sonic en public. Je boycottais moult surprises-parties, préférant broyer les burnes des monstres dans Zelda plutôt que de danser bourée avec Benoît de la 4°C. En gros, j'étais accro aux jeux vidéo, je taquinais le joypad comme un vrai taureau. Je me suis calmée le jour où j'ai découvert les bouquins de Charles Bukowski et la seconde selon Gambetta. Loin des manettes, je me sentais bien. Du moins c'est ce que je croyais . . .
"PREPAREZ VOS CRAMPONS, LES GARS"
"Si si, tu peux passer, mais on jouera à PES, tu vas te faire chier." Le gus qui me cause ? C'est mon copain, ma crotte. Le problème qui se pose ? Monsieur me prend pour une fille de base, le genre qui comprend que dalle au foot et qui est capable de soliloquer deux plombes sur le dernier push-up Wonderbra. "Préparez vos crampons, les gars", j'ai répondu, "j'arrive". Sur le chemin, mon palpitant valdinguait, j'allais à nouveau appuyer sur un bouton start : le panard ! Arrivée à destination, on m'a accueillie comme une reine : "T'sais PES, c'est pas comme Nintendogs, c'est plus compliqué." A ce moment là de l'histoire, j'ai voulu balancer une vanne incluant sa mére et Bruno Masure, mais je me suis retenue, m'emparant d'une manette en silence. J'avais trois gus à démolir avant d'affronter le boss ultime : mon mec !
LA TIGRESSE DES SURFACES
Mon premier adversaire est brun, répond au nom de Thibaut, mais se fait appeler le Fennec des Surfaces. Dans son oeil, je lis la peur, la panique. Le match commence. Thierry Roland n'est pas là. Tant pis. "Et bam, un petit pont. . . Hop, hop, hop, l'accélération. . . Buuuut !" Je jubile, laisse échapper des bruits porcins. "Corner. . . Tête. . . Gooooal !" Le verdict est sans appel : Leslie 3 - Thibaut 0. "ça faisait longtemps que je n'avais pas joué", qu'il me sort. A d'autres ! Les deux zozios qui ont suivi ont fait preuve de la même mauvaise foi : "Tain, la console déconne", "J'ai pas bouffé à midi. C'est pas mon jour." En tout cas, c'est le mien : Le tigre est en moi, j'ai l'impression d'être dans la pub de Kellogg's. "A mon tour, ma crotte." La rencontre démarre, mais très vite s'interrompt. Monsieur a une crampe à l'index et réclame un temps mort. A ce moment-là de l'histoire, j'ai cru bon de lui envoyer une vanne, incluant son père et Jackie Sardou, mais il n'a pas apprécié. Lui et ses potes m'ont virée à coups de lattes, après avoir tenté de me pulvériser le larynx. J'ai finis la soirée avec ma Game Boy, baptisée Zizou pour l'ocasse. Et 1, et 2, et 3-0 !